PORTRAIT | Flora de Mariposa, le diamant brut au tempérament de feu

Pièce maitresse du piquet de Pénélope Leprévost entre 2013 et 2017, reproductrice de choix du haras de Clarbec, produit réfléchi d’une longue lignée de chevaux de sport belges, Flora de Mariposa cumule toutes les qualités. La perle alezane a fait parler d’elle dès son plus jeune âge, avec un talent fou qui n’a pas attendu les années pour exploser à la face du monde. Malgré une fin de carrière entachée par des blessures récurrentes, la jument au petit caractère aura su accumuler titres et récompenses les plus prestigieuses : désormais, place à la reproduction, dont on ne doute pas de la qualité.

Le fruit exceptionnel d’une lignée aux grandes qualités

C’est au sein de l’élevage du Belge Herman de Brabander que naît le 26 avril 2005 la jolie Flora de Mariposa. Son éleveur a sélectionné le meilleur pour sa jument de sport belge Adeline : l’étalon For Pleasure, figure de proue du piquet du champion Marcus Ehning, est choisi pour sa longévité exceptionnelle au haut niveau, sa facilité face à l’obstacle et sa locomotion. Parmi ses autres produits, on compte Farina, Barron et For Joy van’t Zorgvliet, tous gagnants au haut niveau. Le meilleur cheval du monde 2003, l’un des chefs de race les plus populaires chez les éleveurs, est donc croisé avec la poulinière belge Adeline, fille de Power Light, petite-fille de Quito de Baussy et arrière-petite-fille de Jalisco B, étalons qu’on ne présente plus. Le résultat de ce croisement génétique exceptionnel résulte en une jument d’1 mètre 67 au coup de saut étonnant.

Dès les premières années, son naisseur Herman de Brabander reconnaît en elle une future crack. À Grand Prix Info, il raconte : « Dès l’âge de quatre ans, Koen [de Brabander, son fils] avait vu en elle une jument qui sortait de l’ordinaire. Elle était très spectaculaire, on voyait bien qu’elle était faite pour le sport, même si elle n’avait pas toujours bon caractère. » C’est bien connu que les juments, ce n’est pas facile tous les jours. Pénélope Leprévost, qui l’a menée au plus haut niveau, parle d’elle comme ayant un « fichu caractère de fille », et que, si elle n’avait pas autant de qualités, Flora ne serait pas le genre de jument qu’elle aurait eu envie de garder.

Quelle erreur cela aurait été de ne pas façonner le diamant brut qu’est la jument au caractère aussi enflammé que sa robe ! Mais son tempérament n’a pas empêché l’éleveur de la confier au cavalier belge Kurt de Clercq, après que la jument soit labellisée Élite au championnat de Belgique des 4 ans en 2009. Rebelote les années suivantes, elle se classe neuvième au championnat national des 5 ans, puis troisième du cycle des 6 ans ; la même année, elle est aussi qualifiée pour la finale des championnats du monde des jeunes chevaux à Lanaken (Belgique). Pour le début de sa carrière sportive, elle est vendue aux écuries Lenssens (Belgique), où le cavalier maison Tom Camerlijnck hérite de la pépite. Néanmoins, c’est la même année qu’elle tape dans l’œil de Pénélope Leprévost, qui la fait acheter par sa mécène du haras de Clarbec, Geneviève Mégret, en 2012. Que la success story commence !

La révélation de la surdouée

Flora de Mariposa n’a donc que 7 ans lorsque Pénélope Leprévost la récupère sous sa selle. De son propre aveu, la cavalière rouennaise prend le temps de bien former et ciseler le diamant brut qu’elle a dans la main : en effet, Flora est une jument souple et athlétique, disposée à apprendre, mais son petit caractère et ses lubies compliquent son apprentissage. Tout au long de l’année 2013, Pénélope et Flora font la connaissance l’une de l’autre sur des CSI2* et 3* allant jusqu’à 150 cm, et les classements ne se font pas attendre. Troisièmes à Doha, deuxièmes à l’étape du Longines Global Champions Tour de l’Olympia de Londres, deuxièmes et troisièmes de Grands Prix individuels à la Coupe des Nations d’Aix-la-Chapelle, vainqueurs du CSI 150 et troisièmes du GP 160 au CHIO de Genève, la collaboration commence bien entre les deux dames.

C’est en 2014 que Flora éclabousse de tout son talent les terrains internationaux sous la selle de l’expérimentée Pénélope. En dépit de son jeune âge, la surdouée commence son année sur les chapeaux de roue lorsqu’elle remporte le GP 150 de Leipzig en janvier. Aux Longines Masters de Hong-Kong un mois plus tard, c’est la deuxième place du GP 155 qu’elles décrochent. En mars, au saut Hermès ? La victoire leur échappe de peu dans l’iconique Grand Prix de la verrière du Grand Palais. Flora ne cesse de progresser, au point qu’elle remporte l’étape néerlandaise de Rotterdam de la Coupe des Nations en juin. C’est cette dernière victoire qui pousse le sélectionneur de l’Équipe de France, Philippe Guerdat, à donner sa chance à la jeune jument pour les Jeux équestres mondiaux de Caen : Dame Blanche van Arenberg, jusqu’alors pressentie pour prendre le départ avec la cavalière du haras de Clarbec, s’est blessée au boulet et c’est l’occasion pour Flora de Mariposa de prendre sa chance pour briller sous les couleurs nationales. La jument au mental solide fait son travail avec brio, permettant à la France de remporter la médaille d’argent par équipe. Néanmoins, la compétition individuelle est marquée par la chute du couple lors de la première manche des qualifications individuelles : à la réception de la rivière, la jument trébuche et sa cavalière fait un impressionnant soleil qui aura marqué les esprits. La chute est cependant sans gravité pour l’une et l’autre, et aucune blessure, autant physique que mentale, n’est à déplorer pour la jument, qui est cependant mise au repos pendant quelques mois par précaution. Flora retrouve le chemin des terrains de concours en décembre 2014, où elle montre brillamment qu’elle n’a rien perdu de son talent malgré la chute aux JEM. La jument et sa cavalière s’imposent en effet dans la Guerre des Sexes des Gucci Paris Masters, ancien sponsor des Masters du Salon du Cheval aujourd’hui sponsorisés par Longines. La semaine suivante, c’est la dixième place de la finale du Top Ten Rolex de Genève qui les attend : peut-on vraiment en vouloir à la jument de récolter la dernière place, elle qui est si jeune pour un si haut niveau mais fait déjà preuve d’un mental de guerrière ?

La guerrière Flora s’impose

Les meilleurs mondiaux ne s’y trompent : l’athlétique alezane s’est érigée au cours de l’année 2014 en pièce maîtresse du Haras de Clarbec, raison pour laquelle Geneviève Mégrèt refuse de la vendre à d’immenses pointures comme Nick Skelton ou Scott Brash, comme elle le confie à L’Éperon en mars 2015. Le tandem Flora-Pénélope fait en effet des étincelles et les deux continuent leur chemin vers les étoiles cette année-là. Elles décrochent la victoire du GP Longines de Zurich et sont au pied du podium dans le GP Coupe du Monde. À Bordeaux, devant leur public enthousiaste, Flora et Pénélope sont à la sixième place du GP Coupe du Monde. Néanmoins, suite à la Coupe des Nations de Lummen (Belgique) en avril, la cavalière normande préfère déclarer le forfait de sa jument pour la CDN de La Baule. Suite à un choc, une radio a détecté une contusion osseuse au sabot antérieur gauche et Flora est éloignée des terrains de concours pour quelques mois.

La jument fait son retour en fanfare au LGCT de Chantilly, où une cinquième et une huitième place l’attendent lors du weekend. À Hickstead, Mecque du saut d’obstacles, Flora et Pénélope font parler leur supériorité avec une quatrième place dans la CDN et la deuxième marche du podium dans le GP de ce prestigieux CSIO. Une nouvelle échéance en Équipe de France les attend deux semaines après : les championnats d’Europe d’Aix-la-Chapelle sont au tournant. Après une faute sur la palanque d’un vertical, la France se retrouve à la cinquième place par équipes. La perle alezane brille néanmoins en individuel et remporte d’abord la chasse du premier jour, puis la médaille en chocolat lors de la finale, juste derrière Simon Delestre et Hermès Ryan, alors connu avec l’affixe de son éleveur, Ryan des Hayettes. Comme elle l’a déjà démontré, Flora de Mariposa ne craque pas lors de ses sélections en Équipe de France. Lors de la finale de la Coupe des Nations de Barcelone, en septembre 2015, le couple monte sur la deuxième marche du podium, sautant les obstacles côtés à 1m60 comme si de rien n’était. Le mois d’octobre est faste : à Oslo, Flora et Pénélope conquièrent avec brio le difficile terrain de l’étape Coupe du Monde. Pour finir sur la première marche du podium. À Lyon, la cavalière normande et sa jument de cœur réitèrent leur exploit à Équita, sous les encouragements du public français, en remportant à la fois le GP Coupe du Monde du vendredi et le GP du dimanche. Pour clôre une année éclatante, c’est la cinquième place qui attend les deux complices lors de la finale Top Ten du CHIO Rolex de Genève. Qui les arrêtera désormais ? Flora n’a que 10 ans et est déjà une adversaire redoutable sur la piste pour des chevaux et des cavaliers pourtant bien plus expérimentés qu’elle ; mais, à âme bien née, la valeur n’attend point le nombre d’années, comme dirait Corneille.

L’avenir est radieux pour la bondissante alezane et sa cavalière. Élue cheval de l’année 2015 par L’Éperon, elle commence tranquillement son année par deux troisièmes places sur les CSI3* de Vejer de la Frontera et Lanaken. Flora prend en puissance lors du mois d’avril, lors duquel elle et Pénélope accrochent la victoire de l’étape d’Anvers du LGCT, après un triple sans-faute devant Simon Delestre et Hermès Ryan, Patrice Delaveau et Orient Express HDC et Kévin Staut et Rêveur de Hurtebise HDC. Comme un air de déjà-vu ? C’est qu’on commence à réfléchir aux chances françaises aux Jeux olympiques de Rio en août et tous les Français, surtout Pénélope et Flora, sont en forme. L’amazone et son agile jument le démontrent de la plus belle manière, avec la deuxième place dans le CSIO de la Baule, année où le collectif français remporte aussi la médaille de bronze. Après une septième place dans le GP du LGCT de Saint-Tropez, le couple chute malheureusement encore une fois dans le barrage du Grand Prix de la CDN de Rotterdam, après un magnifique double sans-faute. Néanmoins, comme à Caen, la chute est sans gravité et ses résultats de début d’année, ainsi que son palmarès après deux ans au haut niveau permettent à la jument d’être sélectionnée avec la numéro 1 française aux Jeux olympiques de Rio.

Les Jeux au Brésil resteront dans les annales pour les amoureux de sport équestres français : médaille d’or par équipe et l’argent en individuel pour Astier Nicolas et Piaf de B’Neville en CCE, médaille d’or par équipe pour l’équipe de CSO. La domination aurait pu être totale avec une médaille individuelle, n’auraient été les petits soucis qu’ont rencontré Flora et Pénélope et Simon Delestre et Hermès Ryan (numéro un mondial à l’époque), tous deux grands favoris pour une médaille individuelle : l’alezan du cavalier normand se blesse dans son boxe et ils doivent déclarer forfait, remplacés par Philippe Rozier et Rahotep de Toscane. Quant à la fille de For Pleasure, elle subit une crise de coliques la veille de la warm-up, qui sont heureusement sans gravité apparente. Peut-être que sa récente maladie a influencé son sort lors des manches individuelles, puisque Flora chute avec Pénélope sur un oxer à mi-parcours. Toute chance de médaille individuelle part alors en fumée pour les deux championnes. Mais leurs tempéraments de guerrières s’expriment néanmoins lors des manches collectives. Avec un beau sans-faute en première manche, la paire clôt ses JO sur une bonne note puisqu’elles n’ont même pas besoin de repartir pour le second round, au vu des prestations éclatantes de Kévin Staut et Rêveur de Hurtebise HDC, Philippe Rozier et Rahotep de Toscane et Roger-Yves Bost et Sydney Une Prince. Les quatre mousquetaires français montent alors sur la plus haute marche du podium, pour notre plus grand bonheur.

Une carrière déclinante

Après l’apogée des Jeux olympiques durant l’été 2016, Flora fera encore parler d’elle, mais, malheureusement, plus pour longtemps. La fin de l’année 2016 la voit quand même grapiller la quatrième place de la finale de la Coupe des Nations de Barcelone, puis la victoire lors du CSI5* de Vérone (Italie). L’amazone française et l’alezane au grand cœur sont pourtant au rendez-vous pour les grosses échéances du début de l’année 2017. Après de l’échauffement aux CSI4* de Vejer de la Frontera et CSI3* de Lanaken, c’est à Lummen que la jument fait son retour en CSIO ; un mois, c’est à la Baule qu’on les retrouve, où le couple fait bien évidemment partie de l’Équipe de France. On peut penser que Flora fait ses adieux au haut niveau de la plus belle des manières, puisque, sur ce dernier parcours au sommet des concours équestres, Pénélope et elle réalisent un double sans-faute qui permet à la France de remporter la Coupe des Nations dans leur jardin. C’est la dernière fois qu’on verra la fille de For Pleasure sur des échéances aussi importantes.

En effet, après une pause de deux mois et un retour sur des petites côtes à Dinard pour de l’échauffement, la jument se blesse et est mise au repos forcé. Après ce coup de sort, un coup de tonnerre retentit dans le monde équestre français : en février 2018, Pénélope Leprévost et le Haras de Clarbec annoncent la fin de leurs six années de collaboration. C’est un crève-cœur pour la cavalière normande, qui perd Flora, la complice de ses belles années, ainsi que les cracks qui l’ont aidé dans sa conquête du haut niveau : Topinambour, Nice Stéphanie, Vagabond de la Pomme, entre autres, restent au Haras de Clarbec, tandis que l’amazone française continue son chemin sans le soutien de Geneviève Mégret.

C’est désormais avec Félicie Bertrand, nouvelle cavalière du haras de Clarbec, que Flora de Mariposa évolue en concours. Après son retour de blessure, on la retrouve sur le terrain de Canteleu en octobre 2018, soit plus d’un an après sa dernière apparition en CSI. Mais les résultats ne sont pas là et la jument est à nouveau blessée après une mauvaise réception au CSI4* de Liverpool, trois mois après son retour. Après avoir été soignée là-bas pour une tendinite, la jument est depuis rentrée au Haras de Clarbec pour continuer sa convalescence. Depuis ce moment, Flora n’a plus été revue sur les terrains de concours et, égoïstement, on voudrait encore la voir éblouir le public avec son mental et son coup de saut égal à nul autre. Du haut de ses 15 ans, la crack de Pénélope Leprévost a déjà beaucoup donné sans compter, que ce soit à ses cavaliers, son public ou sa propriétaire, et ce en dépit d’un jeune âge qui aurait pu l’handicaper.

Une descendance talentueuse

Qu’importe, l’hypersensible et caractérielle fille de For Pleasure a montré qu’elle était prête pour tout et gageons que ce sont ses qualités qu’elle transmettra à ses produits. À son actif, on compte déjà deux produits. Comme il est coutume en Belgique, Flora a été inséminée à 2 ans par l’étalon Eurocommerce Berlin, lui aussi issu de champions comme Cassini I et Caretino, chefs de race holsteiner et vainqueur par équipe des Jeux équestres mondiaux et des championnats d’Europe. De ce croisement avantageux est issue Ilena de Mariposa, une belle grise enregistrée au studbook belge des chevaux de sport. Après avoir performé avec les champions belges Patricia et Jérome Guéry sur les cycles jeunes chevaux, elle est révélée au haut niveau par Pénélope Leprévost du temps où elle montait au Haras de Clarbec, mère et fille se classant régulièrement sous la selle de leur pilote normande. Ce sont Nicolas Delmotte puis Félicie Bertrand, les étoiles montantes de CSO français, qui récupèrent la belle grise en 2017 et la font progresser régulièrement sur des CSI à 1m50 entre 2018 et 2019. Depuis le début de l’année 2020, c’est à Olivier Robert que Geneviève Mégret a confié sa fille de Flora, marquant ainsi la première collaboration entre le haras normand et le cavalier aquitain. Ilena a déjà elle-même produit quatre poulains qui semblent avoir hérité du talent de leur mère et de leur grand-mère et commencent déjà à impressionner sur les cycles jeunes chevaux.

Outre Ilena, Flora de Mariposa a aussi donné naissance en 2012 à Magriet de Mariposa, qui elle aussi bénéficie d’une ascendance hors-normes : en plus de la génétique de Flora et de For Pleasure, Magriet est la fille de Nabab de Rêve, qui descend des étalons réputés Quidam de Revel et Jalisco B. Dans la descendance de Nabab, on compte de multiples cracks tels Rêveur de Hurtebise HDC, Glock’s London ou Vigo d’Arsouilles. Margriet semble prendre le chemin de son illustre famille sous la selle des expérimentés époux Guéry, avec qui elle s’est déjà classée dans plusieurs épreuves internationales réservées aux jeunes chevaux. Comme sa sœur utérine, quatre poulains forment déjà sa descendance. Avec déjà deux filles talentueuses, la carrière de poulinière de Flora serait un choix intéressant pour le Haras de Clarbec, qui avait déjà prévu en 2015 de croiser la championne olympique avec le finaliste de la Coupe du Monde Vagabond de la Pomme, lui aussi monté par Pénélope avec succès. On espère voir un jour un poulain des deux descendants de For Pleasure, héritier d’une longue tradition de qualité des chevaux de sport belges.

Néanmoins, on n’a pas besoin de voir ses héritiers pour se rendre compte de la championne qu’était Flora de Mariposa. La « Jappeloup » de Pénélope Leprévost, par son talent précoce, sa rapidité et sa générosité dans le saut, a indubitablement marqué les esprits au fer rouge : qui aurait pu résister au tempérament de feu de cette flamme vive sur la piste ? La guerrière rousse au petit caractère n’aura laissé personne indifférent et espérons que ses produits connaîtront le même succès que la championne olympique.

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Pénélope Leprevost & Flora de Mariposa (© Henry Moreigne)

Par Marie Lacombe.

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