Portrait de Champion | Kannan

Il y a quelques jours, nous avons appris le décès d’un étalon que tout le monde connaît : Kannan. Que ce soit par lui-même ou par ses produits, sa réputation n’est plus à faire. Revenons sur la carrière de cet étalon.

Un cheval remarquable

S’il n’est arrivé en France qu’en 2000, l’étalon KWPN né en 1992 a d’abord été révélé aux Pays-Bas, sous la selle de Siebe Kramer. Dès ses premières années, alors qu’il n’avait que quatre ans, l’étalon commençait déjà à être connu à l’international. Il a quitté les Pays-Bas et l’élevage dans lequel il est né pour rejoindre le belge Guido Bryuninx qui l’a monté pendant quelques années, en parallèle avec François Mathy Jr. Tout le destinait au haut niveau. Qualifié pour les championnats du monde des chevaux de 7 ans en 1999, il se faisait déjà remarquer.

Dès son jeune âge, l’étalon commençait déjà à devenir un pilier de l’élevage. C’est en 1999 que le couple français Alexandrine et Michel Hécart font une première proposition d’achat à ses propriétaires. « Ma femme et moi avons tout de suite été séduits par les qualités de Kannan. » se confiait Michel Hécart à GRANDPRIX Magazine en 2014. Ils parviennent toutefois à l’acquérir en 2000, et Kannan foulera le sol français pour la première fois.

C’est le début d’une carrière compliquée pour le couple. Dans leurs temps de réussite, ils parviendront à être sélectionnés pour la Coupe des Nations de Lisbonne et ont contribué à la victoire de l’équipe de France dès leur première année ensemble. Par la suite, ils prendront part à de nombreuses coupes des Nations, avec notamment celle de La Baule en 2001, dans laquelle le couple sera double sans-faute et permettra à l’équipe de France de s’imposer.

En 2005, le couple revient des Championnats de France Pro 1 avec le titre de Champion de France. Par la suite, ils continueront ensemble leur carrière avec des hauts et des bas, de nombreuses blessures et des remises en routes fréquentes qui bloqueront leur ascension vers le très haut niveau.

Vidéo de Michel Hécart & Kannan lors des Championnats de France de Fontainebleau.

Michel Hécart & Kannan (© Inconnu)

Kannan, un compétiteur fragile

Si Kannan n’a pas brillé autant qu’il aurait dû le faire au plus haut niveau, c’est sans aucun doute à cause de ses multiples blessures. En effet, le sélectionneur de l’équipe de France en 2004, Jean-Maurice Bonneau, n’a pas pris le risque de sélectionner Michel Hécart pour les Jeux Olympiques du fait de la santé trop fragile de Kannan. Pourtant, l’étalon a vu des dizaines de vétérinaires, mais aucun d’eux n’a réussi à définir le problème. Les blessures, même si elles étaient généralement d’origine tendineuse, ne survenaient jamais au même membre, jamais de la même façon. Le potentiel d’un cheval gâché par une santé fragile, c’est l’histoire de Kannan.

C’est en 2008, après une nouvelle tentative au Portugal, que ses propriétaires, Alexandrine et Michel Hécart, ont décidé de mettre fin à sa carrière de compétiteur. En effet, ils avaient conscience qu’il ne pourrait plus revenir à son meilleur niveau. Ils se sont alors décidés à le vendre pour élevage. La société The Stallion Compagny a d’abord racheté intégralement le cheval avant d’en revendre une partie au Groupe France Elevage. Ces dernières années, le GFE en était devenu l’unique propriétaire. Aujourd’hui, si Kannan est décédé d’une crise cardiaque, il laisse derrière lui des générations de chevaux qui ont marqué les sports

Un étalon inoubliable

Comment parler de la descendance de Kannan sans aborder son fils champion olympique, Nino des Buissonnets. Si l’on regarde son palmarès, Nino est incontestablement un des meilleurs produits de Kannan. On ne compte plus ses classements et ses victoires sous la selle de l’ex numéro un mondial Steve Guerdat, avec notamment leurs deux victoires dans le Grand Prix Rolex du CHI de Genève en 2013 et 2015. Mais Steve Guerdat et Nino des Buissonnets, c’est surtout un titre olympique, une médaille d’or en individuel lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012.

Parmi les autres descendants de Kannan qui ont marqué le sport, nous retrouvons notamment Quabri de l’Isle, le selle français monté par Pedro Veniss, vainqueur du Grand Prix Rolex de Genève en 2016. Toujours sous la selle de Steve Guerdat, nous retrouvons une fille de Kannan, Albfuehren’s Paille de la Roque, vainqueurs de la finale Coupe du Monde en 2015, qui se déroulait alors à Las Vegas. Molly Malone V, la jument de Bertram Allen qui a tiré sa révérence il y a quelques temps, portait également les gènes de cet étalon renommé, tout comme Diva, la jument montée par le britannique Ben Maher avec laquelle il décrochait notamment une sélection pour les Championnats d’Europe e 2015 à Aix la Chapelle. Toupie de la Roque, qui gagnait le Grand Prix d’Amsterdam il y a peu avec Julien Epaillard, est également une des filles talentueuses du regretté Kannan.

Kannan a été un étalon choisi par de nombreux éleveur. En effet, à ce jour, Kannan demeure le seul étalon à être resté dans le top 20 des meilleurs étalons au monde depuis dix ans. Comme le décrivaient ses propriétaires, c’était un cheval qui transmettait de la force, du respect et un mental qui ont permis de voir naître des poulains qui sont devenus pour certains les meilleurs chevaux au monde.

Steve Guerdat & Nino des Buissonnets lors des Jeux Olympique de Londres en 2012 (© Inconnu)
Julien Epaillard & Toupie de la Roque (© Jump’Mag / Marie Lacombe)

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